23 Oct

La Nature en ville – Espaces verts et espaces de respiration

1.Préserver et défendre les espaces de respiration, les espaces de nature à Paris

Fédération d’associations parisiennes et d’adhérents individuels, FNE Paris souhaite favoriser la participation des parisiens et parisiennes à la défense de leur environnement.

FNE Paris propose ainsi des rencontres, des échanges et des actions communes pour renforcer la complémentarité entre les différentes associations et collectifs et pour préserver ensemble la qualité de la vie à Paris .

  • Pourquoi nous voulons préserver les espaces de respiration et les espaces de nature?

De nombreux espaces sans construction, des espaces de respiration, des zones humides existent encore à Paris et constituent pour les parisiens et parisiennes des espaces à maintenir pour leur bien-être. Ce sont aussi des milieux importants pour la biodiversité: les bois de Boulogne et de Vincennes, la petite ceinture, le jardin des Plantes, la Seine, les parcs et jardins ainsi que les cimetières sont des réserves de biodiversité pour la faune et la flore.

L’ensemble de ces milieux, mis bout à bout, constituent la trame verte et bleue de Paris. Ces continuités biologiques sont vitales pour le déplacement des espèces et leur reproduction mais permettent aussi aux habitants de mieux respirer, c’est pourquoi nous pensons prioritaire d’assurer leur protection et leur survie.

Quand nous voyons disparaître des jardins, des haies, des squares, des arbres au sein de parcelles privées ou de parcs, au profit d’une urbanisation galopante, nous disons stop. La ville nous propose un énième plan biodiversité, avec des propositions alléchantes. Mais faisons déjà le bilan de ce que nous devons garder et protéger.

Les espèces les plus menacées sont celles qui dépendent des zones humides, la ville a dans ses projets la création de nouvelles zones humides.

Nous, nous proposons déjà de protéger les lacs existants ( lac Daumesnil par exemple) et de garder nos grands réservoirs d’eau non potable, pour les aménager en zones humides avant d’en créer de nouvelles.

Nous souhaitons protéger les espaces verts , les cours arborées, les alignements d’arbres, nous sommes partisans du maintien des espaces en pleine terre et

Nous proposons depuis des années la réouverture de la rivière Bièvre, c’est possible dans certains endroits, de nombreuses études le montrent…..Il est possible également sur certains tronçons de la Seine de retrouver des berges végétalisées. C’est notre rôle d’inciter les pouvoirs publics à aller dans ce sens.

  • Comment agir ensemble pour défendre les espaces de respiration et de nature?

Alerter et sensibiliser les habitants en amont des projets

Dans chaque arrondissement, les associations sont attentives aux menaces contre la nature en ville .FNE Paris peut diffuser l’information et jouer une fonction d’alerte sur la préservation des « espaces de respiration, espaces de nature »

Communiquer, argumenter, contester

FNE Paris peut relayer les communiqués de presse des associations et coordonner le travail d’information des media, aider à l’élaboration de contre projets, à constituer des dossiers techniques et mobiliser des experts dans le cadre de groupes de travail thématiques, appuyer les actions de mobilisation, de recours juridique si besoin.

Echanger, Débattre

Plusieurs initiatives ont été proposées jusqu’à présent par FNE Paris :

-établir avec le concours des associations la carte des points noirs et des points rouge sur les espaces de respiration et de nature à Paris

-ouvrir le débat avec les associations de terrain sur les projets actuels

Par exemple rencontre à la Mairie du 2 ème le 15 mai dernier sur la pollution de l’air, la biodiversité, les réservoirs d’eau à Paris…

-soutenir les initiatives des associations pour défendre espaces verts, espaces de respiration, terrains de sport : Par exemple lac Daumesnil, terrains de sport Léo Lagrange et stade de Ménilmontant, réservoirs d’eau de Charonne et Grenelle, appui au collectif Bercy-Charenton, à l’Association Netter-Debergue et aux initiatives de particuliers( ilot Navarre..)

-contribuer aux enquêtes publiques( Lac Daumesnil)

-participer à des événements comme la Fête de la nature les 26 et 27 mai au Muséum d’histoire naturelle (Jardin des Plantes), la marche pour le climat( Alternatiba) le 9 juin

-organiser en lien avec l’association ARBRES une journée d’échanges le 29 septembre à la maison verte (Paris 18è) sur le thème « la Nature en ville , tous citoyens » avec une balade urbaine à Montmartre.( voir compte rendu et interventions au point 2.)

-Offrir un espace d’expression aux associations pour présenter leurs combats sur le site internet fne-paris.fr

2.Une illustration de l’action de FNE Paris: la journée d’échanges sur « la Nature en ville: tous citoyens » organisée le 29 septembre avec l’association ARBRES.

Cette journée a rassemblé une soixantaine de personnes et permis l’expression de différentes associations parisiennes .

Rappel du programme

Les espaces naturels, les espaces verts, les zones humides et de respiration sont indispensables à la vie et à la santé des franciliens, à la qualité de l’environnement, à la lutte contre le réchauffement climatique.

En Ile de France, l’urbanisation croissante menace chaque jour davantage ces réservoirs de biodiversité que la mise en place de trames vertes et bleues ne suffisent pas à protéger.

En milieu urbain, à Paris notamment, les associations alertent les institutions sur les dangers que la densification fait courir à tous les espaces naturels, publics et privés, soumis à la pression foncière. C’est un des objectifs de FNE Paris.

C’est autour de la pratique des associations et collectifs engagés dans la défense des espaces verts que nous ouvrons le débat avec des experts sur la nature en ville et sur le rôle des citoyens.

Paris est en effet une des villes les plus denses au monde et les moins dotées en m2 d’espace vert par habitant.

Si des actions positives sont engagées (lutte contre la pollution de l’air, quartiers apaisés, limitations de la circulation, création de nouveaux parcs publics, piétonisation des berges de la Seine…), parallèlement se multiplient des projets de logements et bureaux sur les derniers espaces urbains encore libres.


La participation des citoyens reste trop souvent un artifice de communication et les plateformes numériques ne remplacent pas la co-construction des projets au plus près des attentes des habitants.

Une balade urbaine commentée par l’association ARBRES complètera concrètement les échanges de la matinée.

9h30 Introduction par Christine Nedelec Présidente de FNE Paris

Intervention de Georges Feterman président de l’association ARBRES

10h15 « Espaces de nature, espaces verts et espaces de respiration en Ile de France : une garantie de qualité pour l’environnement des franciliens » par M.Christian Thibault Directeur du département environnement rural et urbain / Institut d’Aménagement et d’Urbanisme Ile de France

10h 45/12h45 Table ronde animée par Catherine Ribes expert biodiversité - FNE Paris : « les enjeux de la préservation de la nature en ville, le rôle des citoyens et des associations »

avec la participation de Gwendoline Grandin (Agence régionale pour la biodiversité,) de Emmanuel du Cherimont de la LPO Ile de France et de Yann Fradin ,Association ESPACES ,

Débat avec la salle

14h30 /16h30 Balade urbaine insolite (faune, flore, arbres...) dans les coins cachés de Montmartre, animée par Georges Feterman, Président de l’association ARBRES ;

Les exposés de Christine Nedelec, Georges Feterman, Catherine Ribes et les power points des intervenants : C.Thibault, G.Grandin, E. Du Cherimont, Y.Fradin.

 

Balade urbaine à Montmartre

3.L’exemple des réservoirs d’eau non potables parisiens

Les réservoirs d’eau potable et non potable constituent à Paris de grands espaces de respiration participant à la trame verte et bleue.

Le réseau d’Eau de Paris est constitué de 4 réservoirs d’eau potable (Montsouris, Ménilmontant et les Lilas et réservoirs et cuves de Belleville et de Montmartre, l’Hay-les-Roses et Saint-Cloud) et de 7 réservoirs d’eau non potable : Charonne, Belleville, Passy, Grenelle, Villejuif, Ménilmontant et Montmartre.

Les municipalités successives n’ont cessé de vouloir fermer à Paris le réseau d’eau non potable pour en récupérer le foncier. Avec deux conséquences : une politique à répétition de réduction des usages de l’eau non potable et la réduction des espaces de respiration.

Qu’ils soient enterrés, comme le réservoir de Charonne (Paris 20ème) et recouverts d’herbe, ou qu’il s’agisse de réservoirs de surface, comme le réservoir de Grenelle, (Paris 15 ème) avec de grandes surfaces d’eau à découvert qui rafraîchissent l’atmosphère en périodes chaude, et absorbent le froid pendant l’hiver. ce sont des lieux préservés du public et riches en biodiversité.

Aujourd’hui, la Mairie de Paris récupère une à une ces surfaces pour développer ses projets (« parisculteurs » ou « réinventer Paris » ) au détriment des îlots de fraîcheur que constituent ces espaces, et de la biodiversité qui s’y est installée.

Les deux premiers projets, sur le réservoir de Charonne, à la place de l’herbe, et dans le réservoir de Grenelle, à la place de l’eau, consistent en l’installation de serres recouvertes de bâches plastique où pousse de la culture hors sol. Ces bâches créent des îlots de chaleur sous le nez des riverains, nombreux dans ces quartiers.

C’est pourquoi FNE Paris a soutenu la mobilisation des habitants et engagé avec les associations locales des actions en justice pour protéger ces réservoirs. 

A l’heure de la mise en œuvre du Plan climat parisien nous alertons l’opinion et les pouvoirs publics sur le déni des bonnes mesures à prendre pour protéger les habitants des pics de pollution et de chaleur.

voir en ANNEXES

- Introduction Christine Nedelec Présidente de FNE Paris

- Introduction Georges Feterman Président de ARBRES

- Intervention de Christian Thibault Directeur du département environnement rural et urbain IAU Ile de France(Powerpoint)

- Propos introductif à la Table ronde par Catherine Ribes expert biodiversité FNE Ile de France

- Intervention de Gwendoline Grandin Agence régionale de biodiversité IDF(Powerpoint)

- Intervention de Emmanuel du Cherimont LPO Ile de France (Powerpoint)

- Intervention de Yann Fradin Association Espaces (Powerpoint)

1. Introduction Christine Nedelec Présidente de FNE Paris

2. Introduction Georges Feterman Président de ARBRES

3. Intervention de Christian Thibault Directeur du département environnement rural et urbain IAU

4. Propos introductif à la Table ronde par Catherine Ribes expert biodiversité FNE Ile de France

5.Intervention de Gwendoline Grandin Agence régionale de biodiversité IDF

6.Intervention de Emmanuel du Cherimont LPO Ile de France

7. Intervention de Yann Fradin Association Espaces

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1.Introduction Christine Nedelec Présidente de FNE Paris

Cest à moi que revient le plaisir de vous accueillir au nom des associations France NE Paris et Arbres

C’est la Fraternité de la Maison Verte qui nous ouvre ses portes dans une salle conçue par un disciple de le Corbusier pour la petite histoire. Nous remercions chaleureusement sa directrice Muriel.

Pour ceux qui ne me connaissent pas je suis C N, activiste du patrimoine et de l’environnement mais pas seulement j’ai aujourd’hui la chance de présider FNE Paris association qui s’est donnée pour mission la coordination des associations parisiennes préoccupées d’environnement, dans la lignée de France Nature Environnement.

En plus d’actions de communication en direction des élus parisiens, nous proposons des réunions thématiques régulières notamment dans le domaine de l’Urbanisme (la prochaine aura lieu le 18 octobre), réductions des espaces verts et de respiration, pollution et climat, actions citoyennes et évidemment des moments d’actions, rassemblements, visites, colloques et autres journées d’étude etc…

Aussi, je vous invite tous à rejoindre sans plus tarder nos forces, que vous soyez, associations, particuliers, amis, pour agir ensemble même si le combat parait souvent inégal, car tout plutôt que de se laisser précipiter dans le mur, envahis par le désespoir et la dépression de l’inaction.

Pour revenir à notre matinée, l’idée de cette journée ARBRES ET FNE Paris est née de nos actions communes pour défendre le Lac Daumesnil 

Vous en souvenez sûrement ce n’est pas si loin : cette folle idée de bétonner le lac pour en faire une baignade soi-disant naturelle a été un moment de mobilisation citoyenne, et même végétale et animale car l’ambiance était paradisiaque, le paysage grandiose et les animaux parés de leurs plus beaux atours pour convaincre de la magie des lieux, malgré le froid polaire.

Il faut vraiment avoir conscience que La mobilisation citoyenne est une force énorme. C’est une chose que n’aiment pas les politiques, surtout si c’est insistant dans l’espace public. Alors il faut en profiter et même en abuser en cette période de flottement électoral.

Si vous êtes présents ce matin, c’est que vous avez envie de comprendre et d’agir. Il est vrai que les déceptions de la rentrée en matière d’environnement avec la démission de Nicolas Hulot nous encouragent à l’action : Nous ne pouvons plus laisser faire !

Aussi nous allons vous proposer des rendez-vous réguliers (nous avons tous la même idée) comme l’appel des Coquelicots: la semaine prochaine, samedi 6 octobre, FNE Paris vous propose un rassemblement sur le stade de Ménilmontant pour défendre cet espace que la municipalité dans une folie bétonneuse a décidé de lotir intégralement.

Même chose au jardin Netter Debergues : il y a urgence absolue avec 60 arbres en passe d’être coupés d’ici le 8 Octobre !

Avant de laisser la parole à notre star Georges Feterman Président de l’Association ARBRES je vous rappelle les éléments de notre programme de la matinée :

Ce sera tout d’abord l’intervention de Christian Thibault Directeur du département environnement rural et urbain / Institut dAménagement et d’Urbanisme Ile de France puis une Table ronde animée par Catherine Ribes expert biodiversité -sur « les enjeux de la préservation de la nature en ville,le rôle des citoyens et des associations » avec la participation de représentants de l’Agence régionale pour la biodiversité,de la LPO Ile de France et d’associations locales, membres du comité parisien pour la biodiversité.

Elle sera Suivie dun Débat avec la salle

Cet après-midi après un pic-nic sandwich nous ferons une Balade urbaine insolite (faune, flore, arbres...) dans les coins cachés de Montmartre, animée par Georges Feterman

Voilà une très belle façon de ressourcer nos énergies face à tous les défis qui nous attendent cette année

2. Introduction par Georges Feterman président de ARBRES

G. Feterman insiste dans son introduction sur l'importance de ménager des espaces de liberté pour la faune et la flore, et sur le rôle des arbres comme facteurs de biodiversité ».

3. Intervention de Christian Thibault directeur département Environnement IAU Ile de France

« Espaces de nature, espaces verts et espaces de respiration en Ile-de-France : une garantie de qualité pour lenvironnement des Franciliens »

( Intervention C.Thibault IAU 290918-CT_Images)

Illustration : Les méandres de la Seine vus par satellite (Sciences-Images)

La nature en ville, une approche sensible et multiple

La nature a été quasiment effacée à lintérieur de la ville, et très artificialisée ou mise sous pression alentours, et de plus en plus loin (empreinte physique). La nature « intramuros » est souvent réduite à des îlots relictuels ou aménagés, et à quelques sensations. Cependant, elle recouvre la géographie, le paysage urbain, les éléments (sol – pleine terre, eau – en surface, air), les saisons, la nuit, des aspects culturels (la définition de la nature, la place de la nature, ses formes désirées ou non, le patrimoine, le gap éventuel entre visions expertes ou vécues, etc.)… et bien sûr la biodiversité, plutôt spontanée lorsqu’on utilise ce terme, mais aussi cultivée ou introduite. Ce grand nombre de facteurs conditionne directement la qualité de l’urbanisme et de la vie quotidienne des citadins.

Les « enjeux » de la nature en ville

La ville est un milieu contraint, il faut arrêter de laisser croire que l’on peut tout concilier. Tous les espaces ne se valent pas. Il y a besoin de compétences qui ne s’improvisent pas. Si l’on raisonne en fonctions écosystémiques, on demande à des petits espaces ouverts urbains d’être davantage multifonctionnels que de grands espaces ouverts ruraux ; il y a là une antinomie, et souvent une impossibilité. Doù l’importance d’avoir une approche multi-échelles et de considérer les interactions entre les territoires et les milieux voisins et à longue distance.

Bassin parisien & Bassin de la Seine / Ile-de-France / Paris : des carrefours gigognes

Un carrefour biogéographique : l’Ile-de-France est au cœur du bassin de la Seine et du Bassin parisien. L’Ile-de-France est le point focal de ce carrefour biogéographique, et la seule région appartenant entièrement au Bassin parisien. La vallée de la Seine représente une connexion écologique d’importance nationale, malheureusement très affaiblie au niveau de l’agglomération parisienne. L’Ile-de-France se trouve à la rencontre entre plusieurs domaines bioclimatiques (océanique ou atlantique, boréal, continental ou médio-européen, méridional). Quasiment dépourvue d’espèces endémiques, elle tire sa richesse biologique du voisinage d’espèces qui ne cohabitent pas habituellement. Les continuités, les connexions écologiques sont donc vitales dans cette configuration.

Illustrations :

  • Le corridor du fleuve

  • Les principales continuités écologiques du Bassin parisien (cadre de référence du Bassin parisien)

Le socle naturel : les 4 plateformes structurales

Le site de Paris représente une synthèse de la géologie francilienne, autrement dit un carrefour biogéographique dans le carrefour biogéographique. Les 4 grands plateaux structurants de l’Ile-de-France (Beauce, Brie, France, Vexin) y sont présents. S’étageant en gradins successifs autour de l’île de la Cité, ils composent et dessinent un vaste amphithéâtre qui a servi de cadre à la croissance de la ville. Le plateau de Beauce vient mourir dans les Hauts-de-Seine avec la ligne des forêts de Verrières, Meudon, Saint-Cloud, Fausse-Repose, Marly à laquelle appartient aussi le Mont Valérien. La plaine de France s’avance dans tous les arrondissements nord et est de la capitale, surmontée des buttes Montmartre et de Belleville, témoins du plateau de Brie. Le plateau de calcaire grossier du Vexin donne son assise à La Défense et à l’Etoile et s’avance jusqu’à la colline Sainte-Geneviève et à la butte aux Cailles.

La lecture et la conscience des sites naturels (et de leur façonnage par les activités humaines) sont essentielles, particulièrement en ville où elles sont difficiles. Toute action visant à les rendre perceptibles, comme la mise en valeur des belvédères, des aménagements et des formes adaptés aux coteaux et aux thalwegs… doit être favorisée.

Illustrations :

  • Schéma des 4 plateformes + zoom sur Paris

La structure verte de l’Ile-de-France

En rapport avec la situation de carrefour, on a coutume de qualifier l’organisation spatiale de l’Ile-de-France de radioconcentrique. Au cadre naturel s’est surimposée l’agglomération parisienne située au cœur de la cuvette, dont la croissance combine les modèles « en tache d’huile » et en « doigts de gants » le long des vallées et des axes de circulation. L’agglomération parisienne a dénaturé et fait obstacle à la continuité écologique de la Seine (et de ses confluences), ce qui a conduit à considérer un autre axe majeur de la biodiversité, ayant pour support des tronçons de vallées encore naturels et l’arc boisé du sud de l’Ile-de-France, de La Bassée à la vallée de l’Epte jusqu’aux forêts picardes, en passant par les massifs de Fontainebleau et Rambouillet.

Cette structure se traduit par de forts contrastes morphologiques entre des « couronnes » emboîtées : cœur d’agglomération 90/10, ceinture verte 40/60, couronne rurale 10/90 (proportions d’espaces bâtis/ouverts).

Illustrations :

  • Schéma du SREO du projet de SDRIF 2008

  • Schéma radioconcentrique animé

La ceinture verte d’Ile-de-France, espace d’équilibre métropolitain

La ceinture verte est un espace particulier entre le cœur d’agglomération et la couronne rurale, sous la forme d’un anneau entre 10 et 35 km du centre de Paris. Elle fait fonction de « peau » ou de « poumon » de la métropole (de l’agglomération centrale) par la concentration des écotones et des forêts périurbaines. Elle représente les premiers grands espaces ouverts au contact de l’agglomération centrale qui assurent des fonctions directes de régulation (épuration, climatisation) et qui permettent l’accès à de grands espaces de nature pour les citadins et pour les périurbains (la ceinture verte elle-même est très habitée !).

Cependant, ce territoire concentre aussi les pressions urbaines et les conflits d’espaces (flèches vertes et fronts urbains du SDRIF par exemple) et est actuellement ignoré dans l’aménagement régional, notamment dans les projets du Grand Paris. L’Ile-de-France n’est pas un espace binaire, urbain/rural ou MGP/grande couronne !

Si Paris a peu de vert en son sein, il y en a beaucoup autour, et assez facilement accessible, y compris par les transports en commun. Cela donne une structure verte différente de Londres ou Vienne par exemple, plus carencée au centre mais pas forcément sur l’ensemble de l’agglomération.

Illustrations :

  • Carte du fonctionnement régional des espaces agricoles et boisés (SDRIF)

  • Les continuités écologiques de la ceinture verte (SRCE)

La climatisation au niveau régional par les grands espaces ouverts

La réponse la plus souvent évoquée à la chaleur urbaine est la végétalisation. Mais il y a plusieurs conditions à l’efficacité de rafraichissement par cette végétalisation : l’alimentation en eau, la pleine terre, la présence de grands arbres. Autrement dit, les dispositifs hors-sol sont beaucoup plus coûteux et ont une portée beaucoup plus réduite, a fortiori en étage. Les toitures végétalisées – sous réserve d’être régulièrement alimentées en eau - ne rafraîchissent que les occupants immédiatement dessous… ou le ciel.

A côté de ces solutions de proximité (indispensables), il convient de prendre en considération le rafraichissement global grâce aux espaces boisés le jour et grâce aux espaces agricoles la nuit (+ stockage du carbone) en maintenant de grandes pénétrantes d’espaces ouverts, sans oublier la ventilation du corridor Seine. On retrouve ici l’approche multi-échelles évoquée au début de la présentation.

Illustrations :

  • Cartes de la vulnérabilité à l’effet ICU le jour et la nuit

Les documents de planification verte

Documents de planification ciblant les documents d’urbanisme locaux : SDRIF, SRCE, SCOT de la MGP (en cours). La MGP affiche des intentions ambitieuses en la matière au travers de son projet de SCOT, dont les prémisses se trouvent dans le PCAEM, plus avancé.

La planification de la TVB à l’échelle régionale relève de 2 documents complémentaires approuvés en 2013 (de portée différente) : le SDRIF et le SRCE. Cependant, la déclinaison dans les SCOT, les PLUi ou PLU n’est guère satisfaisante. L’application du SDRIF apparaît très réductrice et celle du SRCE très limitée en petite couronne.

Par ailleurs, des politiques dédiées ou d’autres plans volontaires apportent (devraient apporter) d’autres leviers : plan nature en ville post-grenelle, plan vert d’Ile-de-France, stratégie régionale de la biodiversité - SRB (en cours), schémas départementaux (schéma des espaces naturels sensibles du 92 avec promenade des coteaux et des parcs du Val de Seine, parcours buissonniers ; chemin des parcs du 93…), plans parisiens (biodiversité, climat, résilience, pluie).

Illustrations :

  • Carte des continuités écologiques franciliennes (complémentarité SDRIF – SRCE)

  • Les continuités écologiques du SDRIF (zoom MGP)

  • Les continuités écologiques du SRCE (zoom MGP)

  • Carte de la composante publique de la trame verte d’agglomération (SDRIF)

Vous avez dit carence en espaces verts ?

Les évolutions sont inquiétantes dans le cœur d’agglomération et dans les secteurs de développement des gares du GPE (anticipation de la valorisation foncière). Les espaces verts existants sont grignotés et la création d’espaces verts marque le pas tandis que la population augmente (retour du développement urbain au centre), résultat le ratio de m² d’espace vert/habitant tend à diminuer depuis le début des années 2000, ce pour la 1ère fois depuis 30 ans.

  • La carence en espaces verts en termes d’accessibilité de proximité (Plan vert)

  • La carence en espaces verts en termes d’accessibilité de « fin de semaine » (Plan vert).

  • Facteurs « aggravants » ou « atténuants » (Plan vert). Cette carte, ainsi que la précédente, traduit l’offre importante en ceinture verte.

  • Carte de référence du Plan vert (synthèse communale)

Besoin de territoires de projets

Pour irriguer la ville de nature, il serait nécessaire de faire émerger des projets à l’échelle de grands territoires et les utiliser comme plans de référence pour les inscrire dans les documents d’urbanisme et les opérations d’aménagement. Il s’agit aussi de redonner du sens aux projets locaux. J’ai en tête deux exemples de démarches de cette nature :

  • Le « parc naturel urbain » vise à transposer le modèle des parcs naturels régionaux dans des territoires urbains avec l’engagement des acteurs du territoire au travers d’une charte de développement qui s’appuie sur la valorisation du patrimoine naturel existant ou à reconquérir. Il y a eu une tentative de formalisation législative qui a avorté. Le territoire pilote en Ile-de-France est constitué des 3 communes de Rueil-Malmaison, Vaucresson et Garches, dans le département des Hauts-de-Seine

  • La « réouverture des rivières urbaines ». Au cœur des agglomérations, le réseau hydrographique a en grande partie disparu, ayant été canalisé, couvert, busé voire remblayé. Ainsi, en Île-de-France, le cœur d’agglomération est-il devenu une sorte de « désert aquatique », comparé à la densité de cours d’eau moyenne de la région. Grâce aux progrès accomplis dans l’épuration des eaux, il devient possible techniquement de remettre les cours d’eau concernés à ciel ouvert. Ce sont des opérations longues et coûteuses car l’occupation du sol a souvent été profondément modifiée, jusqu'au niveau du sol naturel, et l’on est conduit à reconfigurer entièrement le lit des cours d’eau. Exemples de la Bièvre et de la Vieille Mer.

L’IAU propose ainsi de programmer quatre grands projets d’infrastructures vertes et bleues aux quatre points cardinaux, dont le Parc des Hauteurs à l’est de l’agglomération.

Illustrations :

  • Schéma des 4 grands territoires de projets proposés par l’IAU

  • Projet de Parc des Hauteurs porté par Est Ensemble

Le patrimoine vert : une notion à redécouvrir

En Ile-de-France, on n’est pas nulle part. Chaque espace est unique et devrait bénéficier d’une approche unique dans le respect de son identité. C’est un lieu avant d’être une zone. C’est une condition pour une prise en compte la plus large possible de l’environnement. L’IAU prône cela au moins depuis le début des années 1970 (Atlas du caractère original des lieux de la région parisienne ; travaux sur la trame foncière et la composition urbaine de Gérald Hanning). Malheureusement, cela ne me semble pas l’attitude dominante aujourd’hui : on part toujours de solutions ou de dispositifs tout faits que l’on plaque sur un espace, jamais ou très peu des caractéristiques du lieu. Par exemple, l’urbanisme par lots produit des plans masses indigents qui ne permettent absolument pas d’exploiter les potentialités du milieu, encore sous-jacent, voire qui annihilent ces potentialités. Il faut asséner quun bâtiment dit durable implanté nimporte où n’importe comment ne peut pas être durable.

Paysage urbain, tracés, art des jardins, biodiversité cultivée, arbres remarquables, aptitude agronomique ou stations forestières… Il est important de prendre en compte toutes ces spécificités pour éviter la tendance à la banalisation et à l’uniformisation des paysages.

Illustrations :

  • Dessins de Gérald Hanning (ordre géographique simple et composition urbaine ; l’espace parisien : un ordre fondamental agraire ; valeurs d’organisation du milieu)

Densité et nature : une relation difficile (penser aux items de la dia 0)

La densité (de population ou urbaine) constitue un déterminant fort de l’environnement. En Ile-de-France et dans l’agglomération centrale, on rencontre de forts gradients de densité ; Paris est vraiment à part de ce point de vue (avec quelques communes limitrophes). Les autres déterminants importants sont : la géologie et la nature des sols (pleine terre), le relief, la présence ou non de cours d’eau ou d’eau en surface, la présence ou non de massifs boisés… De ce point de vue aussi effets globaux et effets locaux sont liés.

Le grand public a souvent une vision erronée des densités bâties de différentes formes urbaines ; exemple des grands ensembles, souvent peu denses en réalité. La même densité bâtie peut revêtir des formes urbaines très différentes, avec une proportion de pleine terre très différente elle aussi. Il y a différents modes de calcul de la densité : densité bâtie, densité de population (nb d’habitants), densité résidentielle (nb de logements), densité dactivité (nb d’emplois), densité humaine (habitants + emplois).

Paris est 200 fois plus dense que la moyenne de la France métropolitaine ; la petite couronne 65 fois… Paris est 90 fois plus dense que la Seine-et-Marne, département le moins dense de grande couronne. Paris est 2,3 fois plus dense que les Hauts-de-Seine, département le plus dense de petite couronne. Cela signifie qu’il reste des marges importantes de densification « intelligente » hors Paris.

Les SCOT et les PLU doivent avoir des objectifs de lutte contre l’étalement urbain et de densification (Code de l’urbanisme). Toutefois, la réalisation de ces objectifs ne doit pas aller à l’encontre de la nature en ville ou favoriser les îlots de chaleur. Autrement dit, il faut avoir une approche fine, adaptée aux lieux, et pas seulement quantitative (exemple de l’application complète du SDRIF). L’incitation au découpage parcellaire (loi Alur) et le Bimby mal maîtrisé (trame foncière !) conduisent à la suppression des grands arbres et à limperméabilisation des jardins (plus un terrain est petit et plus il est imperméabilisé…).

Illustrations :

  • Densités de population en 3D à la maille 1 km (N. Laruelle, IAU)

  • Couvert végétal

  • Planche de territoires contrastés

  • Schémas densités et formes urbaines

Apologie de la pleine terre (et des arbres)

En ville, les services écosystémiques sont déjà réduits par la faible superficie des espaces de nature et par leur isolement. C’est une raison supplémentaire pour donner la priorité aux espaces de pleine terre qui seuls sont capables d’assurer la palette la plus complète possible de services écosystémiques et de contribuer à la résilience urbaine.

Le « système » le plus efficace (et de loin) en termes de rafraîchissement en ville est l’arbre de grand développement convenablement alimenté en eau, donc forcément en pleine terre. Un grand arbre peut évapotranspirer plusieurs centaines de litres d’eau quotidiennement et entraîner un rafraîchissement conséquent. En comparaison, la végétation « hors-sol » ne peut apporter qu’un rafraichissement limité (isolation de la toiture) et seulement si elle est arrosée.

L’Ile-de-France est une région relativement sèche, et les sécheresses d’été sont en voie d’aggravation avec le changement climatique. Or, la végétation hors-sol a un besoin vital d’arrosages réguliers ; l’eau constitue un facteur limitant pour son développement ; il sera nécessaire (mais sans doute non suffisant) de récupérer les eaux de pluie à un niveau collectif.

Il convient d’être vigilant quant à l’application du coefficient de biotope par surface introduit par la loi Alur dans les PLU et aux discours sur la compensation : un espace de pleine terre ne peut absolument pas être compensé par un espace hors-sol ; il apporte autre chose. Le coefficient de biotope part de l’idée de favoriser la végétalisation de la ville mais peut avoir un effet pervers en donnant des équivalences (souvent optimistes) aux dispositifs hors-sol par rapport à la pleine terre. Par exemple, le PLU de Grenoble accorde un coefficient de 1 dès qu’il y a 50 cm de substrat. Cela me paraît infondé et dangereux.

Illustrations :

  • Fonctionnement d’un sol (Infographie NR sur les sols)

  • Bienfaits des arbres en pleine terre (Infographie carnet pratique)

  • Photo de terrasses brûlées par la canicule

Points noirs et points verts environnementaux

LIAU a développé, dans le cadre du PRSE (plan régional santé-environnement), avec l’ARS et la DRIEE, une approche des points noirs environnementaux ou des zones de multi-exposition environnementale potentielle. Nous avons complété cette approche en la croisant avec des « points verts environnementaux », de manière à examiner une éventuelle compensation. Les points à au moins 2 aménités vertes représentent 65% du territoire francilien (région globalement verte) où résident 61% de la population. Les points verts à au moins 3 aménités représentent respectivement encore 34% et 30%.

En revanche, 9% des Franciliens résident dans des environnements dépourvus d’aménités vertes qui connaissent, comme les environnements soumis à risques et nuisances, une surreprésentation de ménages à bas revenus. A l’inverse, ces ménages sont très peu présents dans les zones où loffre végétale est la plus riche.

Illustrations :

  • Carte de croisement des cumuls de nuisances – pollutions et d’aménités vertes (NR 749)

  • Infographie Les Franciliens et la qualité environnementale / Situations type (NR 749)

La spécificité de Paris « intramuros »

Paris a une morphologie urbaine très particulière par sa densité et par l’externalisation de ses fonctions support (Paris 21.000 habitants/km² ; MGP 8600 habitants/km² ; IdF 1000 habitants/m² en 2014).

Le plan climat de la ville de Paris approuvé en 2018 affirme que la nature dans Paris ne peut exister seule. Elle doit entretenir des relations assez fortes avec les grands biotopes de l’Ile-de-France pour que des corridors écologiques persistent à travers la ville dense. C’est là toute la difficulté…

Principaux espaces supports de nature à Paris :

  • Espaces structurants : bois, Seine, petite ceinture, alignements d’arbres ;

  • Autres espaces : espaces verts, jardins collectifs, jardins « sauvages » et friches urbaines – en lien avec les chantiers…

Recommandations :

  • Le réseau des arbres d’alignement : enjeux de renouvellement, de diversification, d’espèces « indigènes », de sujets non clonés, d’introduction de sous-strates végétales, de « désimperméabilisation » des sols sous les arbres, d’agrandissement des fosses de plantation ;

  • Le « fleuve » : berges, îles, bras morts et confluences : enjeu de renaturalisation plus ou moins intensive selon les possibilités (navigation), de continuités écologiques transversales, de réouverture des rivières urbaines, selon des plans de référence à long terme ;

  • Importance de la TVB « secondaire » qui tisse sa toile à l’intérieur des tissus urbains, et de la strate arbustive très déficitaire en milieu urbain dense.

Illustrations :

  • Diagnostic des chemins de la nature (Evaluation environnementale du Plan climat de Paris)

  • Photo de la petite ceinture (Ville de Paris)

  • Etat de la nature des berges (ABCD2)

  • Projet de radeaux végétalisés pour les berges de Seine à Paris

4. Propos introductif pour la table ronde par Catherine RIBES

Christian Thibault Directeur de lEnvironnement à l’IAU nous a fait une présentation générale de la politique des espaces verts, des espaces de nature et de la biodiversité sur le territoire de lIle-de-France et le lien nécessaire entre Paris et les zones rurales pour le maintien de la biodiversité. Il pourra également contribuer au débat et nous parler de l’intérêt du SRCE schéma régional de connexion écologique et de son application. Il pourra nous parler de limportance du maintien des espaces verts et des espaces de nature à Paris intra-muros pour la biodiversité.

En partant de ce constat, chaque intervenant à la table ronde pourra à travers son expérience nous éclairer sur la biodiversité présente à Paris et son rôle vital pour arrêter la perte de biodiversité, pour la qualité de vie et pour la santé des parisiens/nes. Les deux associations (LPO et Espaces) sont comme FNE Paris membres du Comité parisien pour la biodiversité mis en place par la ville de Paris.

Yann Fradin Directeur Général de lassociation Espaces association d’insertion par l’environnement est gestionnaire pour la ville, de la Petite ceinture à Paris, entre autres, friche urbaine maintenue pour son rôle despace de nature. Il nous parlera de la biodiversité présente sur ce site, qui avec une gestion appropriée constitue un relais, une connexion biologique et un accueil pour la faune et la flore. Il pourra développer cet exemple ou dautres pour nous montrer l’intérêt de la préservation de friches ou despace de nature qui nont plus dutilité directe pour lhomme mais une utilité pour la biodiversité donc pour lhomme. Il pourra également développer laspect pédagogique de ces sites et comment il concilie découverte de la nature et protection de la biodiversité.

Emmanuel de Chérimont de la LPO IDF, nous dira comment et pourquoi des oiseaux de proie sont venus vivre sur PARIS, comme par exemple le Faucon Pèlerin. Quels habitats pour ces espèces, comment se nourrissent-elles, où nichent-elles etc.. Quel est l’intérêt de leur présence pour la biodiversité à Paris. Quel lien avec leur habitat en zone péri urbaine et rurale, pourquoi ont elles choisies Paris ? Comment la LPO les suit, ce qui permet de voir leur évolution……

Quels espaces sont à préserver sur Paris pour les maintenir, etc….

Gwendoline GRANDIN de l’ARB, nous parlera de la création de lAgence, de son rôle et de ses missions. A travers ses missions, elle pourra nous expliquer le travail sur Paris, avec la ville, le rôle de la TVB et limportance de la maintenir ou de la reconstituer rapidement pour maintenir ou favoriser le retour de certaines espèces en zone urbaine. Pourquoi par exemple dit-on que le miel est de meilleure qualité à Paris quen zone rurale ? La ville a arrêté l’utilisation des pesticides depuis quelques années ? Est-ce une conséquence alors que les zones agricoles reçoivent pour la majorité des intrants et pesticides ?

Télécharger les PDF des interventions :

Intervention C.Thibault IAU 290918-CT_Images

intervention Gwendoline Grandin ARB FNE Paris 290918

intervention LPO M. du Cherimont FNE Paris 290918

intervention Yann Fradin FNE Paris 290918