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Plan local d’urbanisme « bioclimatique » : la Fondation des apprentis d’Auteuil dit non !

L’association dispose d’un site internet : https://sites.google.com/view/association-mozart-ribera/accueil

L’Association Mozart-Ribera

Elle a été créée le 20 septembre 2020 et regroupe aujourd’hui près de 200 membres personnes physiques, plusieurs syndicats de copropriétaires répartis tout autour du périmètre concerné.

Les objectifs de l’association sont de : 

  • protéger l’unité architecturale et de veiller à l’embellissement des bâtiments publics et privés du quartier ;
  • défendre le patrimoine historique ;
  • préserver et développer un cadre de vie durable, notamment en ce qui concerne la maîtrise de la densification urbaine, la lutte contre les îlots de chaleur et le développement des équipements collectifs et des espaces verts, dans le respect de l’esprit du Plan local d’urbanisme bioclimatique entrée en vigueur en novembre 2024.

Son champ d’action se situe dans le triangle délimité par l’Avenue Mozart, la rue de l’Assomption et la rue Jean de la Fontaine, dans le 16ème arrondissement de Paris.

Le Projet 40 de la Fondation des Apprentis d’Auteuil  (FAA)

Localisation : 40 rue Jean de la Fontaine, Paris 16ème.

L’objectif officiellement affiché est double : rénover les locaux existants dédiés aux activités de la Fondation et procurer des ressources financières nouvelles à travers la location de logements et espaces de bureaux installées dans des constructions nouvelles.

Ce projet, s’il devait être réalisé dans les conditions prévues, engendrerait potentiellement un déséquilibre entre les activités correspondant à l’objet social de la FAA tel que défini dans ses statuts et les activités commerciales censées générer des « ressources additionnelles » mais sans lien explicite avec les publics visés par son objet statutaire. 

Cette opération permettrait dès lors de pallier la baisse prévisible des ressources externes et assurerait à la FAA une visibilité sur les vingt prochaines années.

Programme : le projet prévoit la construction de près de 19 700 m2 de surfaces nouvelles dédiées notamment à des immeubles d’habitation en co-living et de bureaux destinés au co-working, tandis que les surfaces dévolues au cœur d’activité de la FAA (actuellement de 18 000 m2 environ), savoir l’accueil et la réinsertion de jeunes en difficulté, demeurent inchangées en dépit du doublement du nombre de jeunes qui doivent être accueillis.

Coût estimé : 140 millions d’euros.

Architectes : Chartier-Dalix et Hardel Le Bihan Architectes.

Assistance Maitrise d’Ouvrage : THEOP

Description du Projet 40 de la FAA

On remarque que les bâtiments à proximité du jardin sont très imposants (8, 6 et 9 étages pour les trois bâtiments). 

La moitié des surfaces totales et la totalité des surfaces nouvellement construites accueilleront des activités sans rapport avec l’objet de la Fondation et ont un but purement financier.

La carte des emprises montre bien qu’une grande partie des nouvelles constructions seront des logements (en rouge). A contrario, les constructions actuelles constituées de la chapelle (en vert), des bureaux (en bleu) et des établissements et dispositifs des Apprentis d’Auteuil (en jaune). En effet, les nouvelles constructions sont les bâtiments L, M, N1, N2 et N3 qui font pour la plupart entre 5 et 10 étages. 

Un permis d’aménager a été accordé à la FAA en mai 2023, et deux permis de construire, respectivement en janvier et février 2025 (un troisième est en cours d’instruction). Les travaux pourraient débuter début 2027, avec plus de deux ans de retard sur le calendrier initial. 

Impacts du projet sur l’environnement

Ce projet menace l’environnement : 

  • destruction d’espaces verts et d’arbres remarquables ;
  • création d’un îlot de chaleur en raison de l’hyperdensification ;
  • atteinte aux avantages du square Desroches-Noblecourt du fait de la perte d’ensoleillement en particulier;
  • risques liés au manque de stabilité des sols (proximité de la rue de la Source) ;
  • pollution lumineuse et circulation automobile accrue ;
  • nuisances générées par les travaux.

Le projet est largement critiqué par les riverains et va entrainer une densification de la parcelle alors qu’il est censé demeurer un espace de respiration, nonobstant l’accroissement des flux de population et des nuisances générées par les travaux pendant plusieurs années. 

Les futurs bâtiments seront très imposants, ce qui justifie les craintes des riverains quant à une perte d’ensoleillement, a fortiori en automne et en hiver. 

Enfin, ce projet va à l’encontre des engagements écologiques de la Ville de Paris et du nouveau PLU bioclimatique, qui limite toute construction sur les espaces verts et en cœur d’îlot. La Fondation, a eu, pour ce faire, recours à un artifice légal mais contestable (certificat d’urbanisme) qui lui permet de se soustraire aux exigences accrues du nouveau PLU bioclimatique de la Ville de Paris, entré en vigueur en novembre 2024, en demeurant dans le cadre de l’ancien PLU, beaucoup plus permissif ; on peut dès lors dire que la Fondation pratique ainsi une forme d’« optimisation immobilière » et fait peu de cas de la volonté de la Ville de Paris de se tourner vers un modèle d’urbanisme plus vertueux.

Pour préserver l’équilibre du quartier et faire respecter les principes environnementaux souhaités par la Ville de Paris, l’association demande que la FAA promeuve un projet qui respecte les statuts de la FAA et lui permette d’exercer dans de bonnes conditions financières sa mission historique d’accueil de jeunes en difficulté. Cela passerait par l’adaptation des bâtiments existants (agrandissement et rénovation) en vue d’accueillir davantage de jeunes dans de meilleures conditions matérielles, en lieu et place d’un projet immobilier de grande ampleur, fort risqué et préjudiciable à la capacité d’investissement de la Fondation pendant de nombreuses années.

En définitive, l’objectif poursuivi par la FAA semblerait davantage patrimonial, à travers une meilleure valorisation de sa parcelle de 2 hectares (en vue d’une éventuelle cession ultérieure avec une plue-value significative ?), que pour s’assurer des « ressources additionnelles », dont on ne peut que constater, inséparablement, le caractère accessoire et le coût d’opportunité qu’il représente.

Pour information, FNE Paris avait émis un avis en décembre 2021 relatif à la discordance entre l’impact du projet et les objectifs ambitieux du nouveau PLU : « Le PLU actuel que la Ville a souhaité réviser parce qu’obsolète doit être remplacé par un PLU « bioclimatique » où la nature aurait une plus grande place qu’aujourd’hui ; (…) et le projet devrait, comme ce futur PLU bioclimatique, viser à intégrer plus de « vrai végétal », sans recourir aux artifices des terrasses plantées qui ne peuvent remplacer un « vrai sol » en lien avec la nappe phréatique. Tous sont aujourd’hui conscients du fait qu’il faut maintenant cesser de densifier Paris et laisser plus de place à la nature. »

Avis de l’association

Il s’avère que la Fondation est restée sourde aux appels à un projet plus respectueux. Les riverains considèrent que la Fondation sort de sa mission sociale initiale. En effet, il n’y aura pas de surfaces supplémentaires consacrées aux activités de la Fondation qu’aujourd’hui, tandis que les surfaces nouvelles seront essentiellement consacrées aux activités commerciales de location immobilière, sans bénéfice évident pour la stabilité financière de la FAA. 

Conclusion 

Ce projet démesuré prévoit des constructions très importantes à vocation commerciale qui éloignent la Fondation de sa vocation sociale. Cela permet d’expliquer le mécontentement des riverains qui déplorent la remise en cause de leur cadre de vie pour des motifs cyniques, en contradiction manifeste avec la mission de cette Fondation dont le travail, important et nécessaire, est par ailleurs unanimement salué. L’objectif caché de valorisation de la parcelle en vue d’une vente ultérieure serait fort dommage car la Fondation, créée à l’instigation de l’abbé Roussel, est installé depuis 1866 dans le quartier d’Auteuil. A ce titre, il est permis de se demander si « La confiance pourra toujours sauver l’avenir ».

Les autorisations d’urbanisme (permis d’aménager et de construire) octroyées par la Ville de Paris ont fait l’objet de recours de la part de l’Association devant la juridiction administrative, en cours d’instance.

Actualités

  • Parmi les articles de presse publiés sur cette affaire, on peut mentionner :
    • Le Figaro, 23 décembre 2022, « Polémique autour du site de la Fondation Apprentis d’Auteuil qui fait peau neuve ») ;
    • Le Parisien, 16 juin 2025 : « Un projet ‘totalement surdimensionné’ : à Paris, les Apprentis d’Auteuil ont-ils la folie des grandeurs ? » avec comme sous-titre : « Des habitants s’élèvent contre le « Projet 40 » de la Fondation [Apprentis d’Auteuil], spécialisée dans l’éducation des jeunes. Ils voient dans le doublement des capacités d’accueil une ambition spéculative. »
  • Une pétition a été publiée sur Change.org et a recueilli près de 1900 signatures. Voici le lien pour la signer : https://www.change.org/p/non-au-projet-immobilier-pharaonique-de-la-fondation-des-apprentis-d-auteuil?source_location=petition_update_page

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