Les Sentinelles de la Haie : une initiative FNE National
Du 3 mars au 3 mai, FNE National lance la campagne Sentinelles de la Haie pour mettre en lumière le rôle des haies. L’objectif est d’informer, de mobiliser et de valoriser les bonnes initiatives en faveur des haies et d’agir en cas d’atteintes. L’outil participatif de veille environnementale Sentinelle de la nature permet aux citoyen.nes de signaler des dégradations environnementales.
Plus d’informations sur le site de FNE national : https://fne.asso.fr/actualites/lancement-de-la-campagne-sentinelles-de-la-haie
Un trésor de biodiversité
Souvent méconnues par le grand public, en milieu urbain, les haies améliorent aussi le bien-être des habitant.es avec une fonction régulatrice : rafraîchissement, stockage carbone, brise-vent, infiltration et épuration des eaux de ruissellement, enrichissement des sols, clôtures etc. Elles sont un trésor de biodiversité en abritant de nombreuses espèces animales : plus de 80 espèces d’oiseaux répertoriées à Paris, ainsi que des mammifères, amphibiens, reptiles, et invertébrés.
Le plan de biodiversité de la ville de Paris : des actions contradictoires
La ville de Paris a voté en 2025 son troisième plan de biodiversité, prévoyant une stratégie pour préserver et développer les haies. La ville dit vouloir multiplier les plantations de haies, évaluer le potentiel de plantation à chaque aménagement de l’espace public, assurer une reconstitution au moins équivalente en termes de volume et de maturité en cas de destruction liée aux projets municipaux et remplacer les haies mono-spécifiques par des haies plurispécifiques pour augmenter la biodiversité.
Nous avons du mal à comprendre, dans ce contexte, des projets d’aménagement comme la transformation des boulevards Richard-Lenoir et Jules-Ferry en une grande promenade (Ramblas) impliquant la destruction des grilles de protection et, par conséquent, des haies de pleine terre qui y prospèrent depuis une trentaine d’années. Ces haies abritent une biodiversité riche dans une partie de la ville fortement minéralisée.

Nous notons aussi une contradiction entre les intentions affichées et leur mise en œuvre, notamment avec les manifestations événementielles répétées dans des lieux sensibles (Champs-de-Mars, Tuileries, Bois de Vincennes) ou l’ouverture au public de la Petite Ceinture, qui ne s’accompagnent pas de mesures protectrices suffisantes. Ces pratiques endommagent significativement la flore et la faune locales et entravent la préservation efficace de ces espaces.
Enfin, nous restons sceptiques quant à la réalisation de ces objectifs, au vu de la politique de végétalisation actuelle : plantations mal adaptées à la situation locale et aux enjeux climatiques, baisse des moyens humains et financiers alloués à l’entretien des espaces verts. Ces éléments nous laissent craindre que les ambitions affichées ne se concrétisent pas.