Le bois de Vincennes, l’un des plus grands poumons verts de Paris, est aujourd’hui soumis à une multiplication d’interventions lourdes et préoccupantes. Depuis plusieurs mois, les alertes se multiplient:
Coupes et abattages d’arbres d’alignement, opérations d’éclaircissement sur près de 28 hectares, interventions autour du Fort Neuf… autant d’actions qui interrogent sur leur ampleur et leur pertinence écologique. Plus récemment encore, des reconnaissances de sols menées pour le compte de la RATP ont été constatées, laissant craindre de nouveaux projets d’infrastructure.
Face à cette accumulation de travaux, un constat s’impose : l’information du public est largement insuffisante, quand elle n’est pas tout simplement absente. Les affichages réglementaires sont lacunaires, et les habitantes et habitants découvrent souvent les interventions une fois celles-ci déjà engagées. Une situation inacceptable pour un espace aussi emblématique.
Car le bois de Vincennes n’est pas un espace ordinaire. Classé Espace boisé classé (EBC) dans le Plan local d’urbanisme de Paris et reconnu comme site classé pour sa valeur patrimoniale, il bénéficie en théorie de protections fortes. Ces statuts impliquent des autorisations strictes de l’État et un suivi rigoureux des travaux. Pourtant, sur le terrain, ces garanties semblent trop souvent contournées.
Plusieurs questions essentielles restent aujourd’hui sans réponse :
- Quelles autorisations ont encadré les études de sols menées pour la RATP ?
- Pourquoi les coupes d’arbres réalisées par la Ville de Paris semblent-elles se passer de l’avis de la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) ?
- Comment expliquer l’absence totale d’information du public pour les interventions à proximité du Fort Neuf ?
Au-delà de ces interrogations, c’est une méthode que nous dénonçons et le manque de transparence. Cette gestion au coup par coup empêche toute vision globale et prive les citoyennes et citoyens d’un débat pourtant indispensable sur l’avenir du bois.
Dans un contexte d’urgence écologique et climatique, les espaces naturels urbains sont plus que jamais essentiels. Le bois de Vincennes est un bien commun, un refuge pour la biodiversité, un lieu de respiration pour des millions de Franciliennes et Franciliens.
Protéger le bois de Vincennes, ce n’est pas un luxe : c’est une nécessité. Nous resterons mobilisés pour que ce patrimoine naturel exceptionnel ne soit ni dégradé, ni sacrifié dans l’indifférence générale.
FNE Paris a adressé une lettre au préfet pour lui faire part de ces constats et préoccupations. Vous pouvez la lire ci-après.